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Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

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Portrait de Raegan
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Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

Attendu qu'Ico et Shadow Of The Colossus (SOTC) m'ont littéralement subjugué et qu'ils ressortent en compilation HD sur PS3, j'ai pensé rendre mon petit hommage tout personnel à ces deux productions atypiques mais ô combien attirantes.
Je me permets toutefois de concevoir que ces jeux peuvent en laisser certains de marbre, n'y voyant aucunes pensées pseudo-philisohiques, ni gameplay attrayant. Après tout, Ico peut endormir certaines personnes et SOTC se résumer à une suite d'affrontements contre des boss.
Pourtant, grâce à Ico, j'ai pû partager une grande partie de ce jeu avec ma femme, pourtant aussi réfractaire aux jeux vidéo que je le suis à un film avec Bernard Menez.
Ainsi, je vous laisse en compagnie de deux avis aussi succincts que personnels.

N'hésitez pas à laisser vos opinions quant à ces deux jeux, le but étant d'appréhender les différents ressentis qu'ils suggèrent.

Cordialement.

Mon avis/ressenti sur Ico :

"Il naquit avec des cornes, il faut donc le bannir de nos contrées, pour notre salut"

Le jeu débute ainsi par un hiatus interindividuel, celui de l'aversion, de la répulsion envers tout être non normatif, en marge. Cette ségrégation nous est narrée par l’intermédiaire de cavaliers dont la besogne consiste en l'isolement d'un individu jugé trop différent pour pouvoir évoluer, vivre, dans une communauté. Cette personne est incarnée par notre jeune héros, Ico, dont le seul tort se résume en deux excroissances, appendices, matérialisés à l'apogée de son crane. Il est donc décidé de le réduire au silence, dans le néant.
Ainsi, nous voyons poindre une forteresse inhospitalière, ultime demeure choisie pernicieusement. Elle est balayée par les embruns de la mer, encerclée et battue par les sifflements effrayant d'un vent tourbillonnant que l'on imagine glacé, perdue au fin fond d'une contrée, au beau milieu d'un océan insondable. Ico est placé de manière presque désolée par son bourreau dans un tombeau, ce dernier confessant : "Ne sois pas en colère après nous. Si nous le faisons, c'est pour le bien de notre village" (sic).

Comment ne pas sentir nous aussi une irrémédiable empathie nous envahir ? L'envie de justice prend corps quand Ico parvient à s'extirper de son tombeau d'infortune. Manette en main, nous errons dans ces dédales fondamentalement effrayants, secoués par un orage lourd. La peur s'immisce, s'incarne dans notre chair.

Survient un évènement aussi inattendu qu'improbable : une cage attire notre attention. Le plus étrange, intriguant, prend la forme d'une beauté diaphane et éthérée. Cette jeune fille aussi intrigante qu'attirante, que fait-elle enfermée ainsi ? Ico aura à cœur de l'en extraire.

S'opère immédiatement une magie que seuls la poésie, l'onirisme peuvent expliquer. Soulignons le décalage sémantique, donc de compréhension, qui s'établit, de facto, compte tenu de l'opposition de leurs langages respectifs. Pourtant, ostensiblement, apparait une osmose, une symbiose, mise en exergue par la corporelle, la gestuelle, la compréhension tacite, voire fusionnelle, de deux êtres finalement pas si éloignés.

Pourtant, la partie ne sera pas aisée, car les ténèbres rodent, sous la forme d'êtres de lumière noire, cherchant à amener Yorda (notre beauté diaphane libérée par Ico) dans les méandres tumultueux d'un néant, sous la forme d'un ovale noir. Ico aura alors la promptitude de ramasser un bâton, véritable prolongement de sa volonté à protéger sa partenaire d'infortune.

Notons que Yorda possède l'étrange pouvoir d'ouvrir les portes scellées par une force obscure. En se plaçant devant ces dernières, elle libère une énergie surnaturelle, libérant un passage au sein de cette forteresse dont nos deux protagonistes cherchent ardemment une échappatoire. C'est ici l'enjeu de ce duo improbable : Yorda ouvre une brèche (les portes) tandis qu'Ico se charge de comprendre les mécanismes des niveaux, grimpant aux cordes, poussant des rochers, luttant contre les ténèbres envahissantes.

Yorda ne pouvant sauter les précipices par elle-même, ne sachant grimper, devra véritablement avoir une confiance aveugle en Ico pour progresser. Il faut véritablement entendre les appels d'Ico, hélant sa compagne d'un temps, et voir cette dernière hésiter, puis accepter la main tendue pour franchir les falaises, sauter et agripper la main d'Ico, pour comprendre toute la finesse, la beauté, d'un gameplay reposant sur une complicité charnelle, quasiment sensuelle.

Le tout agrémenté, pour seuls fond sonore, des bruits d'oiseaux, du bruissement du vent caressant les feuilles d'arbres, de l'écume de la mer.

Ainsi, vous l'aurez compris, le but est bien de faire équipe avec Yorda, dans l'optique euphorique de s'extraire ad vitam aeternam de cet étau sournois.

Ce jeu est une expérience sensorielle, un trip poétique, une ode à la tolérance.

Mais existe-t-il encore quelqu'un qui ne l'ait pas déjà fait ?

Voici ma pensée laconique sur ce jeu par l’intermédiaire de ce petit avis personnel.

"J'ai mal, la terre est désolée, ma bien-aimée gît contre moi. La mort a scellé notre amour sur terre mais tu vis, oui, tu vis au plus profond de moi. Au temps jadis, j'ai eu vent de cette contrée perdue, désolée. Je vais t'y emmener dans l'espoir de te faire renaître. Oh, cette voix, que me propose-t-elle ? Pourquoi devrais-je abattre 16 colosses, 16 géants dont l'unique faute serait leur existence confinant au sacrifice afin de te ressusciter, ô toi ma lumière. Je ne peux accéder à cette requête, c'est insensé .. et puis non, la saignée de mon cœur est trop béante pour que je puisse laisser l'hémorragie couler de plus belle. La tentation est trop prégnante, je vais effectuer ce fardeau pour toi, tu vivras bientôt de nouveau. Agro sera à mes côtés, et cette lumière émanant de mon épée me permettra de localiser ma cible. Je m'apprête à commettre l'irréparable mais il faut me comprendre."

Ce postulat sera la base narrative de SOTC. L'immense monde dépeuplé, balafré seulement par le vent, sera notre terrain d'exploration privilégié. Chaque colosse constitue un "niveau" à lui tout seul. Il s'appréhende d'une manière intime, charnelle, presque viscérale. Ils ont tous un (ou plusieurs) point faible, souvent difficile d’accès. L'émotion nous étreint au vu de la giclée sanglante, magistralement mise en scène, que l'on occasionne lors de la mise à mort du géant "innocent". Le tout servi par un ralenti et une musique sonnant comme le point d'orgue d'une besogne illégitime. Car, malgré ses environnements oniriques, cette œuvre dénonce l'atrocité de crimes malheureusement malsains.
Car cette biodiversité, ces créatures que l'on doit terrasser n'ont commis aucun forfait. Leur mise à mort n'est qu'une pure quête irraisonnée par la douleur de la perte d'un être cher. Là se trouve tout le dilemme, l'atrocité des actes du héros.

Vous l'aurez compris, SOTC suggère, suscite plus qu'il ne se laisse voir. Cette œuvre se vit avec les tripes et confère en elle une pensée philosophique forte : à savoir la valeur de la vie, ce qu'elle représente, et les sacrifices que l'on pourrait commettre pour la préserver, la retrouver. La mort d'une créature est-elle juste, même pour ressusciter notre amour évanoui ?

Jouez-y et faîtes vous votre propre avis.

Je vous laisse à vos plumes numériques, en espérant que cet article aura capté l'attention de certains.

Portrait de soun
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Re: Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

Je me rappelle avoir vu une émission sur les jeux vidéos ayant parlé de ico, dès cet instant j'ai su que ce jeu était une perle (et ce n'est qu'un euphémisme) mais hélas, je ne l'ai jamais trouvé dans un stand de magasin :(
Ces deux jeux sont pour moi des priorités à obtenir.

Portrait de Raegan
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A rejoint: 3 septembre 2011
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Re: Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

soun : rien de plus simple (il te faut juste une PS3) : http://www.amazon.fr/Ico-Shadow-of-the-Colossus/dp/B003RWS3ES

JB
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A rejoint: 1 septembre 2011
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Re: Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

Très belle présentation, c'est bien rédigé! On comprend vraiment que tu adores ces jeux.
J'avais acheté SOTC à sa sortie à cause de ses bonnes notes dans les mags. Mais je n'avais pas vraiment accroché. Pourtant je trouvais le jeu beau et intéressant. Ce que m'embetait c'etait que les combats étaient trop longs et difficiles à cause du côté très stressant du jeu. Bref j'avais battu deux colosses et je l'avais revendu. J'avais 12 ans, j'étais très con. Aujourd'hui je regrette, je me rapptraperais sur la version Ps3!

Portrait de dersertOtaku
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A rejoint: 4 septembre 2011
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Re: Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

Ico est le seul jeu que j'ai joué qui aie réussi le tour de force de m'arracher la larmounette 2 fois :D
ce jeu est juste magique, sotc est un excellent jeu mais il ne pas procurer la même sensation hélas ^^

la vie est courte, alors jouez !

Portrait de LunieL
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Re: Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

Je suis sur le point de m'acheter le jeu, je n'ai entendu que du bien de celui ci, j'espere qu'il vaut sa réputation. En tout cas ce qui est sur c'est que les musiques sont entrainantes. Aussi bien épiques que douces et mélodieuses.
Je vous dirais ce que j'en pense apres l'avoir recu et fini. *_*

Portrait de old-school
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Re: Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

Pour moi c'est 2 jeux qui m'ont changé la vision des jeux vidéos. *o*

Sérieux c'est deux jeux c'est comme un tableau qu'on l'admire encore et encore.

Portrait de Raegan
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A rejoint: 3 septembre 2011
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Re: Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

En parlant de tableau, la jaquette d'Ico est largement inspirée de Giorgio De Chirico (notez le nom ico dans le nom même du peintre).


Edité par Raegan le 11/09/2011 - 21:02
Portrait de Dreamboum
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Re: Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

Tout simplement une de mes meilleures expériences dans le monde du jeu-vidéo, les deux jeux sont poétique, Ico avec la relation avec Yorda et les colosses dans Shadow of the Colossus, auquel on devient même triste de devoir les tuer.

Portrait de Lagrogne
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A rejoint: 7 septembre 2011
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Re: Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

Je l'avais acheté à sa sortie, je l'avais vu tourné dans le défunt Level One de Game One à l'époque !
On parcourt un château sombre rempli d'ombres et aucune musique à part celui des ombres !

Plus tard, j'ai acheté à sa sortie les colosses de pierres ou tu es lâché dans le jeu et tu dois battre tous les colosses en te demandant comment le jeu va se finir !
Mention spéciales aux colosses volants !

Portrait de grocam
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A rejoint: 7 septembre 2011
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Re: Ico & Shadow of the Colossus, partageons nos émotions

Un article de très mauvaise foi que j'avais écrit en 2006 apres 2h de jeu :

"Shadow of the colossus ou la génération jeu branlette

La je vais pas me faire des amis, face a la horde de fan boys du sacro saint genie absolu; son créateur Ueda.
Ueda qui change l´eau en vin, la pierre en pepites d´or, et rends toutes les femmes avec des petits seins en pomme.. tu sais ceux qui tiennent dans ta main.

Et bah voila moi je le dis haut et fort Shadow of the colossus c´est un scandale, c´est a chier.
Voila cette nouvelle generation de jeux, intellos, pseudo branleurs - on avait ca avec Xenogears qui critiquait la religion et l´humanité en general avec un heros qui a des troubles psychologiques bidons sous un background ridicule avec des super robots goldorak qui font des tirs qui depassent 2 ecrans de télé 16/9.

Alors voici le nouveau venu (il y a du en avoir depuis mais je connais pas assez le milieu des consoles pour m´avancer) c´est Shadow of the colossus, acclamé par les critiques, adoré par les joueurs "un jeu super poetique super beau" du genre putain grocam il serait temps de prendre une ps2 et voir ce que ca donne...

Les 1eres minutes - Effectivement c´est beau, effectivement c´est.. particulier la musique est plus que sublime mais voila, tres vite on se fait chier :

Le jeu est simple, il s´agit de sauver une nana qu´on pose sur un autel, et pour la faire revivre des dieux ou je ne sais quelle entité te donnent une tache buter des colosses. alors ok on y va, on va voir le 1er colosse.. on le bute on revient a l´autel.. on va voir le 2eme colosse.. on le bute on revient a l´autel.. on va voir le 3eme colosse.. on le bute on revient a l´autel.. on va voir le 4eme colosse.. on le bute on revient a l´autel.. on va voir le 5eme colosse.. on le bute on revient a l´autel..

EXCELLENT ! merci Ueda, le jeu est peut etre beau super bien realisé ...poetique sans aucun doute, symbolique branlette ce que tu veux mais voila - c´est une ps2, c´est du jeu video les peintures et les belles images ca va dans les musées sur une console ca passe moins.

Alors voila on se retrouve face a un non-jeu aussi chiant et pretentieux qu´un film de Michael Haneke... "

...

Depuis j'ai continué, je l'ai trouvé extraordinaire et puissant dans la symbolique et la représentation. comme quoi les 1eres impressions peuvent être très fausses.

Edité par grocam le 22/09/2011 - 13:05