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Un peu de chinoiseries

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Re: Un peu de chinoiseries

Citation:
On change plus les gens au bout d'un certain âge,

Un gros +1.

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Re: Un peu de chinoiseries

Ouais, puis d'ailleurs pour toi Umbasa, c'est sans doute déjà trop tard... On n'arrivera plus à te changer... T'es condamné à rester un gars bien...

Spoiler

"La plus grande consolation pour la médiocrité est de voir que le génie n'est pas immortel" (Johann Wolfgang von Gœthe)

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Re: Un peu de chinoiseries

Pensée à toi Pang Tong, ton témoignage raisonne d'autant plus que mon père est dans de sales draps également.

Tu as l'air d'être loquace et prompt à l'échange sur le sujet ce qui ne peut te faire que du bien, moi je suis plongée dans un mutisme assez effrayant que je mets sur le compte de la peur. J'ai du mal à être philosophe en ce moment. Pleine de pensées néfastes sur le fait que je suis la seule de ses enfants à aller le voir régulièrement (je visualise même l'enterrement où tout le monde va pleurnicher faussement alors que personne n'a bougé ses fesses probablement par peur de le voir si diminué), sur le fait qu'il ne connaîtra jamais mes enfants, je lui en veux même à lui d'avoir eu envie de faire des enfants aussi tard, enfin c'est l'horreur. Même en te lisant, pardonne moi mais avant même de me sentir pleine de pitié et proche de toi j'ai été irritée de te voir triste d'être loin alors que c'est ton choix d'être loin. J'ai culpabilisé de te juger aussi promptement. C'est par éclairs tu vois ça ne me ronge pas non plus mais je m'en veux tellement de me recroqueviller sur ma douleur.

Enfin, bref, toute cette négativité ne me ressemble pas et j'espère vite atteindre la phase prochaine qui est l'acceptation, je crois. Le déni et la colère, j'en ai soupé XD

En tous cas je passais juste pour te souhaiter bon courage. Je pense à toi et te félicite de prendre les devants pour en parler et ainsi aborder le truc plus sainement. Bisous ^^

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Re: Un peu de chinoiseries

Citation:
Ouais, puis d'ailleurs pour toi Umbasa, c'est sans doute déjà trop tard... On n'arrivera plus à te changer... T'es condamné à rester un gars bien...

????????

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Re: Un peu de chinoiseries

Mnemosyne a écrit:
Pensée à toi Pang Tong, ton témoignage raisonne d'autant plus que mon père est dans de sales draps également.

Merci, c'est gentil. Je suis sincèrement désolé d'apprendre que ton père va mal.

À vrai dire, je me suis demandé si je pouvais en parler. La réponse, tu l'auras compris en me lisant, est bien entendu positive. Je me suis dit il y a déjà quelques années qu'il ne fallait pas garder ces choses pour moi seul. Je ne dis pas non plus que je vais faire ma pleureuse à gauche et à droite mais ne pas avoir peur ou honte de parler des mes problèmes, de mes souffrances, de mes peurs, c'est sans doute la chose qui m'a le plus libéré pour le moment dans la vie.

Comme j'ai pu le raconter à gauche et à droite sur le site et ailleurs, j'ai connu quelques problèmes familiaux. J'ai mis très longtemps à comprendre que ce que je vivais n'était pas normal. J'ai vraiment mis beaucoup de temps à comprendre ça. J'ai appris aussi que beaucoup de problèmes grossissaient de par le fait même de les taire. Quand on le tait aux autres, bien souvent, on se le tait à soi-même. Tu l'auras compris, Mnemosyne, que je ne fais aucun jugement de ton cas, je dis ça plutôt d'une manière générale. Il se peut que je me trompe mais c'est comme ça que je veux continuer pour le moment. Parler, communiquer, échanger. Mais pour ça, il faut dire du vrai, et ça, c'est moins facile.

Peut-être est-ce parce que j'ai tellement pensé à toutes ces choses, que je les ai retournées tellement dans ma petite tête que j'ai fini par comprendre que pour vivre plus sereinement il fallait que "j'intellectualise" les choses. Ainsi, je peux aborder presque toutes les pires choses — du moins, pendant un moment — de manière rationnelle et réfléchir à comment faire. Trouver une "solution" non pas pour sauver quelque chose — parfois il n'y a plus rien à faire malheureusement — mais pour supporter ce moment et le vivre de la meilleure des manières possibles.

Ce que j'essaye de faire, c'est de contrôler mes sentiments. Quand je sens qu'ils commencent à me dominer, je ne les garde pas pour moi. Des horreurs, j'en ai pensées pas mal hier, notamment à propos de mon frère... Mais si je le voyais en face de moi, je ne pense pas que je lui dirais quoi que ce soit évidemment. On reste des êtres humains après tout, des êtres imparfaits. On fait tous des erreurs et je pense qu'il faut essayer d'être le plus tolérant, le plus ouvert et le plus compréhensif possible. C'est sans doute un vœux pieux mais c'est la ligne de conduite que j'essaye de me fixer.

Je comprends bien que mon attitude puisse irriter parfois. D'ailleurs, pour tout dire, je vois parfois autour de moi — sur internet ou irl — pas mal de gens qui peuvent s'irriter un moment de mon attitude. C'est le risque quand on parle beaucoup. Je dois être beau joueur et l'accepter.

Ce que je n'ai pas dit, c'est que j'ai écrit mes premiers messages sans vraiment prendre le temps de tout bien contextualiser, de tout expliquer. Il y a un passif très lourd qui existe derrière tout ça. Rajoutez à ça tous ces sentiments, parfois contradictoires, qui s'entrechoquent dans ma tête depuis hier soir, certains sentiments qui traitent de questions que je n'ai pas abordées ici parce que ce serait trop long et trop compliqué à expliquer en 5 minutes, et vous pouvez comprendre pourquoi le message n'est pas absolument clair.

Mais c'est une façon d'extérioriser un peu toutes ces pensées ; de les sortir pour en faire le tri. Normalement, je pense qu'on peut le voir au fur et à mesure des messages que je commence à ordonner les choses. C'est une sorte de thérapie si vous préférez. Parce que c'est ça que j'ai retenu comme leçon : ne pas se laisser ronger par la négativité ; au fond, c'est nous-mêmes que nous punissons en faisant tout ça.

Après, pour dire la vérité, c'est sans doute le fait d'être papa qui m'a fait comprendre les choses de cette façon. Je me suis pleinement détaché de mes problèmes familiaux à la naissance de ma fille. À vrai dire, à mon retour en Belgique après la naissance de ma fille. J'ai reçu tellement de stress de la part de ma mère qui me harcelait à un point difficilement imaginable que j'ai eu un zona. Ça m'a fait un mal de chien que je n'avais encore jamais ressenti dans ma vie. L'impression que ma peau brûlait en permanence tout en recevant de grosses décharges électriques. Toute la partie gauche du milieu de mon visage au cou, jusque derrière l'oreille gauche est devenue complètement insensible à cause de ça. J'en ai gardé des séquelles. Et après la douleur, les démangeaisons ont commencé... C'était tellement horrible que je priais littéralement pour que la douleur reprenne la place des démangeaisons... Et ça, c'est un des nombreux "cadeaux" que m'a légué ma mère. Quand tu penses que c'était la période où ma famille était censée accueillir la nouvelle venue... Tu parles ! C'est là que j'ai vrillé et que j'ai compris qu'il fallait arrêter de jouer ce jeu malsain pour prendre soin de moi pour que je puisse prendre soin de ma fille jusqu'à sa majorité.

Voilà que je reparle encore de ces histoires. Vous commencez à me connaître, vous savez que parfois je suis une vraie pipelette ^^

Tout ce que je peux te dire Mnemosyne, c'est courage ! Si tu ressens le besoin d'en parler à quelqu'un, que ce soit en public ou en mp, n'hésite pas : je prendrai toujours le temps de te lire et de te répondre si besoin est. Je sais aussi que parfois parler à des gens qu'on ne connaît pas vraiment est plus facile car on se permet de dire des choses qu'on n'oserait pas toujours dire à des proches. Et ça, c'est parfois important de le faire pour clarifier un peu tout ce qui se bouscule dans la tête. Après, je ne te force pas du tout évidemment ; tu fais comme tu le sens. La seule chose que je peux encore te dire c'est que je ne te jugerai pas ; je ne juge, contrairement à ce que beaucoup trop de gens pensent, jamais les gens ^^

Mnemosyne a écrit:
(je visualise même l'enterrement où tout le monde va pleurnicher faussement alors que personne n'a bougé ses fesses probablement par peur de le voir si diminué)

Ça je connais aussi. C'est pas très joli, c'est vrai, et on ne peut pas faire grand-chose contre ça. Le pire, c'est quand ces mêmes personnes vont proclamer à qui veut bien l'entendre que que c'est parce qu'ils ont tellement de peine qu'ils n'ont pas levé le petit doigt...

@Umbasa :

Ouais je sais, c'est pas facile à accepter ^^

Edité par Pang Tong le 23/02/2021 - 21:31

"La plus grande consolation pour la médiocrité est de voir que le génie n'est pas immortel" (Johann Wolfgang von Gœthe)

Portrait de Mnemosyne
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Re: Un peu de chinoiseries

Merci pour ta réponse Pang ^^

Quand je dis que tu m'as irritée c'est pendant une seconde et demi hein ^^

ça fait écho à mes propres trucs, mes frères et soeurs qui habitent tous loin voire très très loin et qui ne voient que peu voire pas du tout mon père, même parfois quand ils passaient dans le coin. Et je sais qu'ils vont se plaindre de l'avoir trop peu vu et je suis la seule à avoir l'envie inverse en vieillissant et en voyant vieillir mon père, c'est de me rapprocher géographiquement de lui et de ma mère.

C'est des choix personnels et j'ai pas à décider que ceux qui se barrent sont des ingrats, j'y pense parfois par colère parce que je décèle un peu d'hypocrisie dans certains discours. Je ne veux pas de médaille pour m'occuper de mon père non plus, je le fais avant tout pour lui et pour me sentir bien avec mes décisions.

Enfin, le truc c'est que son état s'est aggravé très rapidement ces derniers temps, et je ne pensais pas être surprise par cela puisque ça fait 15 ans qu'il a un cancer et d'autres problèmes qui se sont greffés. Pourtant il y a tout un contexte (des frères et soeurs plus que douteux moralement) qui fait que je ne me sens pas apaisée. Mon père en plus qui est très famille me tanne pour que je fasse des enfants mais j'ai besoin d'une petite année supplémentaire pour mettre certaines choses en ordre avant de m'y mettre. Pourtant je culpabilise parce que j'aimerais qu'il soit apaisé au moins de me savoir enceinte parce qu'on s'adore et qu'il aurait vraiment aimé que je fasse des enfants, alors que je n'ai pas à culpabiliser d'avoir un père bien plus âgé que la moyenne, et de choisir le moment où je fais des enfants (ou si j'en fais).

Bref ma relation privilégiée avec mon père me rend finalement plus vulnérable parce que je sens qu'il a plus d'attentes vis à vis de moi que des autres enfants, et il y a une imminence qui me rend stressée et apeurée, comme si je sentais que je n'aurais jamais le temps de le rendre fier, et en même temps une certaine aigreur de voir que les autres n'ont pas cette pression d'aller le voir, et de le réconforter, et d'essayer de le rendre heureux sur la fin mais que pour l'héritage et faire genre y aura du monde.

D'autant qu'en se voyant en mode loque mon père se traite lui même de loque, il vit très mal d'être diminué et ma mère n'est pas particulièrement bien traitée parce qu'il devient aigri et ça me rend dingue qu'elle subisse ça.

Je pensais être préparée, tu vois, mais j'avais oublié que la vie c'était encore plus chiant que la mort XD

Tu vois tu m'as déjà fait parler un peu XD J'en parle à mon compagnon mais c'est tout j'avoue. Je suis bavarde aussi d'habitude (tu l'avais remarqué je pense) mais là je crois que j'ai peur de commencer à parler pour sortir de mes gonds, ou radoter, ou embêter les gens avec du sujet plus que déprimant, bref. Je préfère ne rien dire mais je sais que c'est mauvais pour moi.

Je sais que tu as vécu beaucoup de merdes et c'est vrai que ça t'a peut-être davantage préparé. Quand tu parles de la paternité qui t'a apaisé je suis certaine que ça joue beaucoup oui, parce qu'on devient un maillon je pense, qui relie la génération des parents et des enfants, on n'est plus l'enfant apeuré qui reste accroché à son passé.

J'ai hâte d'en être là ^^

Pour le jugement heureusement j'ai la chance de ne pas être très réceptive aux jugements qu'on fait sur moi, par contre, c'est toujours agréable d'avoir en face de soi quelqu'un qui n'a pas l'intention de juger. Le truc c'est que je ne me sens pas "mauvaise" je me sens au contraire contente de faire tout ce que je fais mais je crois que j'ai encore le réflexe de petite fille de penser qu'il faudrait qu'on me récompense, ou me félicite d'avoir été bonne élève. Je le fais sans rechercher de félicitations, mais quand même parfois quand je vais le voir, que je le vois maigre, fatigué, désagréable avec ma mère qui pleure dans la cuisine, c'est tellement lourd que je ne peux pas m'empêcher de ressentir une certaine aigreur vis-à-vis de tous les absents.

Je ne vais pas m'étaler mais ça m'a fait un peu de bien d'en parler. Ta pipelettise est contagieuse ^^

Je t'enverrai un MP, c'est une bonne idée, si j'ai envie d'en parler un peu plus.

Je trouve qu'on est dans une société qui ne nous apprend pas les émotions. Pas à les gérer en tous cas. Personnellement je les ai gérées pendant des années en mangeant, résultant une certaine obésité, mais même en ayant réglé le problème je me sens tentée de les éviter ces émotions.

Tout le monde ou presque fonctionne comme ça, la fuite. Vu que j'ai supprimé la plupart des tampons dont la bouffe je me rends compte que je me prends vraiment les émotions brutes dans la mouille et c'est plus qu'inconfortable. Vivement la maternité alors, si je comprends bien ton retour d'expérience ^^

Très belle soirée et merci pour ton non-mutisme, internet c'est top pour tomber inopinément sur un camarade de douleur ou d'expérience, et s'ouvrir un peu. J'espère que la petite famille va bien et que tu profites d'elles après tous les mois de séparation!

A bientôt en MP peut être et Force ^^

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Re: Un peu de chinoiseries

Des câlins à Mnemosyne, Umbasa, Pang Tong et d'autres ! CÂLINS !

Portrait de Umbasa
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Re: Un peu de chinoiseries

Merci à vous d'avoir partager vos pensées très personnellement sans vouloir paraitre égoïste, clairement ça fait relativiser sur sa propre situation. (je m'étais d'ailleurs déjà fait cette même réflexion y'a longtemps après un message de Pang Tong).

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Re: Un peu de chinoiseries

La paternité, ça apaise...je confirme. Quand on a une enfance difficile, ou des relations familiales douloureuses, c’est l’occasion de s’en émanciper et de repartir d’une page blanche. Ça a un effet thérapeutique assez dingue.

Je me suis longtemps refusé d’en avoir, ca a failli briser mon couple d’ailleurs. Notre père nous a terrorisé toute notre enfance. Violences psychologiques, chantage, séquestration...bref, le combo de la mort qui tue...on en a vraiment bavé. Il se trouve qu’il a reproduit ce qu’il avait vécu avec sa mère, alors forcément, quand vient ton tour d’avoir des enfants, ça fait cogiter.

Un beau jour, je devais avoir 12 balais et mon frère 9, on lui demande bien gentiment d’écourter d’un jour ses 3 semaines de garde de vacances d’été pour acheter du matériel scolaire avec notre mère en prévision de la rentrée le lundi. Refus catégorique. Je vous passe la scène, mais c’est bien entendu plus violent qu’un simple non. Mon frère décidera le soir même de couper les ponts...je n’en aurai ni le courage, et encore moins la force de supporter le poids de la perte de ses deux enfants coup sur coup. Pour la suite, bah c’est tout simplement mathématique...j’ai morflé pour deux. Il aura fallu que j’attende mes 17 ans pour oser lui tenir tête...il a du se résigner à l’idée que j’avais grandit, que le rapport de forces s’était équilibré, et qu’il avait tout simplement plus a y perdre qu’à y gagner.

Je peux en parler aujourd hui car j’ai fait le deuil de tout ça. On continue de se voir une fois par mois en moyenne à raison d’1h30, toujours dans le même cadre. Une façon de garder le contrôle sur les événements, j’en conviens. Du coup, ça se passe plutôt bien...les discussions sont sympa, on se rend mutuellement service et ils nous arrive même de passer de bons moments. J’aurai pu décider de le punir, mais au lieu de ça, j’ai pris la décision d’aller chercher le peu de positif là où il y en avait, pour moi et pour mon fils. J’ai fait ma part, je suis droit dans mes pompes....bref, en paix avec moi même, même si certaines cicatrices ne se refermeront jamais. Celui qui m’inspirait autrefois de la peur m’inspire aujourd hui de la peine avec le recul...il est passé à côté de l’essentiel, et s’est puni tout seul comme un con.

Mon histoire n’est certes pas comparable à la vôtre, mais certains morceaux m’y ramènent...la rapport à la maternité ou la paternité, le poids de la filiation (qui n’est pas toujours supporté par les parents), la culpabilité que l’on peut avoir ( ou pas) en prenant ses distances avec ses proches, etc.. ça fait pas mal de souvenirs qui remontent aussi du coup.

Voilà les gars, on aura tous vidé notre sac du coup :p

Edité par Trezn244 le 23/02/2021 - 23:13
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Re: Un peu de chinoiseries

Haha, Trikounet en mode Patrick Sébastien ^^

@Umbasa

Je pense qu'effectivement c'est bon de dire les choses. Libérer la parole ce n'est pas que le faire de manière générale, c'est avant tout le faire pour soi. Ça peut aussi être important pour les autres qui peuvent soit se reconnaître, soit se rendre compte qu'ils ont le droit de ne pas être d'accord avec certaines choses de leur vie, soit de se rendre compte qu'ils n'ont pas du tout le même vécu. Après, évidemment, il faut mettre les choses en perspective. Par exemple, je ne voudrai jamais dire que mes parents sont des monstres. Pour dire la vérité, mon enfance à été normale et heureuse. C'est à partir de l'adolescence que tout s'est gâté. Ensuite, les choses sont très différentes quand on parle de mon père ou de ma mère.

Ma mère est construite comme ça. Elle ne peut pas faire autrement que de voir en ses enfants grandissant des sortes "d'ennemis". C'est "maladif" chez elle en quelque sorte. Je ne l'excuse pas mais de nous deux, la plus à plaindre, c'est elle, sincèrement.

Mon père, quant à lui, c'est plus par faiblesse et par lâcheté que ça se passe. C'est surtout le déni de beaucoup de choses qui fait qu'il s'est comporté de cette manière. Je sais qu'il a conscience que ce n'est pas toujours bien ce qu'il fait (les petites préférences, les petits silences...). Mais il est juste trop faible et trop lâche pour affronter tout ça. Aussi, il commet, je pense, une erreur que beaucoup de gens commettent : partir du principe qu'il est la victime et que c'est lui le gentil. Quand tu parts de ce principe là, c'est fini, il n'y a plus rien à dire et tu auras toujours forcément raison. Et tous ceux qui ne fonctionnent pas comme toi ; qui fonctionnent d'une manière différente ; qui t'apportent la contradiction, tu les verras plus facilement comme des "méchants", des gens qui ont tort forcément puisque c'est toi le gentil. Et si ces gens-là osent en plus critiquer ta personne, c'est encore pire : ce n'est jamais pour t'aider qu'elles font ça, puisque c'est toi le gentil et qu'elles ne font pas comme toi, mais c'est pour te faire du mal, ce qui confirme encore que ce sont eux les méchants... Mon père s'est construit une image de moi qui est totalement fausse mais la vérité est qu'il ne sait pas en sortir. C'est comme ça.

Mais comme tu dis Umbasa, moi aussi je peux relativiser quand je lis ou quand j'entends les histoires des autres.

@Mnemosyne

Content de savoir que cela te fait du bien. C'est important de ne pas se laisser ronger par la culpabilité ou par toute autre chose négative, parce que, comme je l'écrivais plus haut, bien souvent c'est nous-même qui nous faisons le plus de mal. Mais voilà, on pourra en reparler plus en détails en mp si tu le préfères ;-)

Je peux rajouter comme Trezn244 le disait que la venue d'un enfant change la vie à un point tel qu'on ne se rend pas compte des changements opérés quand on n'est pas encore arrivé à ce stade. Ça sera très fatiguant, stressant, énervant parfois, mais ça t'apportera tellement de joie et de bonheur aussi que ça en vaut le coup. C'est aussi beaucoup de responsabilités qui te tombent sur la tête et qui te font grandir sans que tu t'en rendes compte. Tu n'auras plus le même temps pour faire ce que tu aimes ou même ce que tu veux faire. Par exemple, j'aurais voulu écrire bien plus ce mois-ci. J'avais 2-3 articles en projet et malheureusement, j'arrive à peine à finir le premier — bon, c'est le plus important, c'est déjà ça.

Le fait d'avoir un enfant a provoqué un énorme décalage entre des amis qui n'ont pas encore d'enfant et moi qui en ai un. On vit désormais dans des mondes dont la réalité est totalement différente et ils ne le comprennent pas toujours... Mais ça, c'est une autre histoire ^^

@Trezn244

Effectivement, on s'est un peut tous confiés aujourd'hui. Mais je pense que ce n'est pas une mauvaise chose. C'est aussi ça qui fait que nous sommes humains : ce besoin de partager et d'échanger des choses. Ce besoin aussi de sentir que nous ne sommes pas des cas particuliers et que nous pouvons ressentir des choses communes avec d'autres personnes. Quand on ne parle pas, le problème est qu'on finit bien souvent par s'enfermer en nous-même, à construire une carapace qui nous protège des autres parce qu'on a connu des choses pas faciles pendant l'enfance ou l'adolescence. Mais cette carapace ne nous protège pas tout le temps. Bien souvent, elle nous isole et nous fragilise.

Cette carapace peut nous rendre dur, c'est vrai, mais dur ne veut pas dire fort...

Edité par Pang Tong le 24/02/2021 - 07:17

"La plus grande consolation pour la médiocrité est de voir que le génie n'est pas immortel" (Johann Wolfgang von Gœthe)