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Unravel (2/8)

Seconde partie de l'épopée Unravel

94 Commentaires

Portrait de Kalameet

+1


Portrait de Anonyme 08

Je tiens juste à préciser 2 choses:

  • je ne suis pas 100% d'accord avec les propos de cette personne. D'ailleurs si je l'étais, je n'aurais pas partagé ses propos, pas comme ça. Ça serait stupide de venir partager des idées pour lesquelles ont est devenu esclave.
  • il disait ça dans le sens de la presse, pas du commerce vendeur-acheteur. Pour lui, c'est important que la presse (ainsi que les reviewers amateurs) puissent encore s'exprimer librement

Ceci pris en compte, la phrase que tu reprends de mon commentaire devient différente. A vrai dire, tu me forces à me contredire moi-même vu que tu sors mes propos de leur contexte originel ^^'

Comme je l'ai dit, je ne suis pas d'accord avec lui. Et de fait; dans le milieu vidéoludique, la presse est dégueulasse et GOTY par ci, GOTM par là... Lamentable. Et c'est pareil pour les livres, j'en parlais avec un proche que j'ai croisé dans le salon/foire, certaines maisons d'éditions sont vraiment des putes qui font tout pour s'attirer les meilleurs de la presse. "Venez lire ce livre, c'est de la nostalgie, il a un bon titre et parle de vos soucis!"

Je pense qu'il y a possibilité de long débat, c'est clair. Je l'ai toujours eu en tête avant de poster mon com'. Mais au départ, je ne souhaitais pas emprunter ce chemin-là ^^'

EDIT: au départ, je souhaitais répondre à

Citation:
Sans vouloir t'offencer, la base d'un jeu vidéo est subjective,
et ce en donnant un exemple.

En tout cas maintenant je suis ouvert au débat s'il le faut.


Portrait de Squall

D'habitude je ne suis pas d'accord avec Macnod, et en plus de ça, je le trouve beaucoup trop condescendant avec les autres. Mais n'empêche, je dois bien avouer que pour le coup je suis assez d'accord avec lui. On en arrive à une époque où l'art et le divertissement de masse (ou le divertissement élitiste d'ailleurs) se rejoignent au point que tout oeuvre soit, d'une façon ou d'une autre, relier à un business. Faut etre honnete, un jeu, un tableau, un film, une musique, une architecture de maison, est créé pour plaire. Et pour plaire, quelque part, faut parvenir à se vendre. Si ni bien ni mal, c'est la continuité logique des choses.


Portrait de Kalameet

Je suis plutôt d'accord, mais je crois que t'a conclusion est un peu trop clémente. Si en effet c'est une continuité logique des choses, je crois que arrivé à un certain niveau, cette évolution peut être considérée comme dangereuse pour l'art justement - au point de menacer son existence même - et elle doit alors être combattue!

Citation:
La créativité sans stratégie, cela s'appelle de l'Art. La créativité avec de la stratégie, cela s'appelle de la "publicité" Jef Richards

Si tu me le permet je reprendrai dans l'ordre ton propos.
Déjà, il faut distinguer art de divertissement. Je crois que ce sont des choses tout à fait différentes ; bien que l'art puisse avoir fonction de divertissement, l'inverse n'est pas vrai. Qu'est ce que l'art tout d'abord? Je ne vais pas me lancer ici dans une définition complète, mais disons que c'est avant-tout une recherche esthétique, et ensuite un processus intrinsèquement créatif. Basiquement on pourrait dire qu'un artiste est une personne qui "cherche à créer du beau", "beau" étant pris au sens esthétique large du terme, c'est-à-dire dans toute sa subjectivité. Ce qui est "beau" pour l'artiste peut être considéré comme moche, peut être même être réellement horrible - mais l'horreur peut être belle n'est ce pas? Tout dépend justement de l'esthétique de la chose. Bref voilà pour l'art. Le divertissement quant à lui poursuit un but bien différent, il ne cherche pas forcément à créer quelque chose de nouveau et de singulier, ni à tout prix une esthétique irréprochable, mais simplement l'amusement de son public. Le diversement est bien souvent populaire et ce depuis des millénaires (pensons aux jeux du cirque chez les romains, ou aux bouffons du moyen age, etc.). L'art peut souvent avoir une fonction divertissante. Historiquement, c'était plutôt dans les milieux instruit et aisés. Pensons au théâtre grec (bien qu'il fut aussi populaire mais...), aux aèdes, à Molière, Bach, Mozart, aux BDs etc. Traditionnellement, le théâtre et la musique étaient par le passé les principales forme d'"art-divertissement" auxquels suit au XXème le cinéma bien entendu. Mais si l'art peut s'avérer être divertissant, le divertissement pur ne peut être considéré comme de l'art, le sport par exemple n'est pas de l'art, bien qu'il soit parfois du divertissement.

Tu avance ensuite l'idée que "nous arrivons à une époque ou l'art et le divertissement [deviennent] un business". Ce qui sous entends n'est ce pas que ce n'était pas le cas auparavant? J'aurai un vision plus nuancée. Reprenons donc les quelques exemples historiques que j'ai cité. D'un façon générale, il apparait que le divertissement est très souvent relié à un business. Pas au sens où nous l'entendons aujourd'hui certes, mais il n'en reste pas moins qu'il comprend une dimension économique. La meilleure preuve est qu'il est généralement payant, ou monétisé par un système de paries par exemple. Les jeux du cirque romain par exemple sont clairement un business, avec des écuries fameuses qui entrainent des jockeys, des gladiateurs professionnels, qui font parfois fortune. La troupe de Molière au XVIIème siècle joue pour de l'argent. Ce sont des artistes professionnels qui font des tournées dans toute la France jouant pour des personnes fortunés qui les paient. L'art quand à lui, est le plus souvent complètement gratuit. Personne n'a jamais payé un aède dans la Grèce antique (bien que ceux ci vivaient parfois de la charité ou de mécènes, on ne peut pas dire qu'ils cherchaient à s'enrichir), ou pour une pièce de théâtre. Les peintures de Michel Anges étaient accessibles à tous ceux qui entraient dans la chapelle Sixtine. Plus généralement, beaucoup d'artistes on le sait vécurent dans la misère, toute leur vie étant consacré à leur art et les préoccupations financières leur étant complètement étrangère. Cela dit, on observe depuis longtemps, une monétisation de l'art. Dans le milieu par exemple de la peinture par exemple, on sait bien que depuis des siècles, de riches commerçants font le commerce des œuvres, ou la littérature par exemple, les livres étant vendus depuis longtemps. Simplement, en effet, l'ampleur du phénomène prend aujourd'hui des dimensions inédites. Tu parle d'art et de divertissement "de masse", or c'est bien la nouveauté. De par les moyens de communications du XXème siècle, les phénomènes de masse sont apparus. Auparavant, l'art et le divertissement étaient soit limités à une élite, soit localisés dans une région particulière. Le fait qu'aujourd'hui ils sont bien souvent diffusés à l'ensemble de la planète augmente bien évidemment les enjeux, ils deviennent très rentables, et attirent d'autant plus l’appétit de gens peu recommandable, cherchant à tout prix, même celui de la qualité nous le savons, à faire un maximum d'argent. Le divertissement prends alors un place de plus en plus importante, au détriment de l'art.

Enfin la dernière question que tu soulève est celle des goûts. Est ce que l'art est créé pour plaire comme tu semble le dire, ou est-ce c'est la création de nouveaux esthétismes qui crée de nouveaux goûts? Je m'explique, avant la naissance du rock, ce dernier ne plaisait à personne, puisqu'il n'existait pas. Lorsque les premiers musiciens se mirent donc à jouer ce style de musique, ils ne cherchaient pas à plaire à qui que ce soit, ils innovaient. Et c'est la création d'un nouvel esthétisme, une nouvelle forme d'art, qui à suscité l'adhésion du public. Les gens ce sont mis à aimer quelque chose qu'ils n'avaient jamais même imaginé auparavant. On a créer de nouveaux goûts. Le divertissement par contre cherche toujours à plaire, puisqu'il ne crée pas. Pour moi a contrario, le véritable art ne peut chercher à plaire, puisqu'il est par essence créateur! Quand on crée quelque chose de nouveau, on ne peut pas savoir si cela va plaire par définition, puisque ça n'existe pas encore... Ainsi, Bach ne cherchait pas à plaire à qui que ce soit lorsqu'il composait sa musique. Est ce que Van Gogh essayait de plaire? personne n'aimait sa peinture... Picasso dérangeât beaucoup de monde... 2001 l'Odyssée de l'espace? etc. Bref les exemples sont légions. Et je reviens à la citation que j'ai mis au début de ce post, une création avec une stratégie, un but, qu'il soit de plaire au plus grand nombre ou de faire un maximum d'argent, ce n'est déjà plus de l'art, cela devient du divertissement ou de la publicité...

Mais c'est bien notre responsabilité à nous d'être un public ou bien des consommateurs! Un public de l'art, ou des consommateurs de divertissement...


Portrait de Gastlab

Fort intéressant, kalameet (j'ai galéré à te buter dans le DLC de Dark Souls^^).

Si je peux me permettre, j'ajouterais une fonction à la notion de divertissement, notamment pour les jeux du cirque. C'est celle du contrôle du peuple. En effet, la violence montrée constituait sans doute un exutoire aux éventuelles pulsions d'un peuple qui aurait pu avoir des raisons de se soulever contre le pouvoir.
S'ajoute à ça la distribution gratuite de pain au public lors de ces spectacles. Une bonne façon, là encore, de calmer les grognes du peuple.

J'apporte aussi une petite nuance à ton exemple de l'arrivée du rock (ce qui n'enlève rien au fond de ta réflexion avec laquelle je suis d'accord). Le rock, comme d'autres courants artistiques (peut-être même tous?) , n'a pas été créé ex nihilo (ouais j'parle espagnol) mais à beaucoup repris au Blues, au jazz, qui eux-même étaient teintés de Work Songs, de Gospel et autres musiques folkloriques (Celtiques ou Saxonnes par exemple).
Cela dit, les audaces musicales que présentait le rock étaient suffisamment importantes pour déstabiliser le public et tenaient clairement de l'expression artistique. Cette volonté de chambouler les codes à souvent à voir avec le contexte social, mais je vais en rester là pour cette fois.

Merci pour cet instructif paveton en tous cas.


Portrait de Kalameet

Et oui j'suis coriace :)
Oui en effet! merci de ton intervention, je n'en ai pas parlé en effet, je me suis dit que mon pavé était suffisamment long comme cela mais c'est très vrai que le divertissement a aussi bien souvent une fonction de contrôle du peuple. "Du pain et des jeux" disait d'ailleurs les romains, illustrant ton exemple. Il est certain que cette question de conditionnement par le divertissement devrait elle aussi nous alarmer de nos jours...mais c'est tout un sujet...

Quand au rock oui tu as bien entendu raison, j'ai essayé de prendre un exemple qui me paraissait facilement imaginable quoi, j'en conviens tout à fait, en réalité les choses sont bien plus complexes...


Portrait de Hellipsir

Citation:
j'ajouterais une fonction à la notion de divertissement, notamment pour les jeux du cirque. C'est celle du contrôle du peuple. En effet, la violence montrée constituait sans doute un exutoire aux éventuelles pulsions d'un peuple qui aurait pu avoir des raisons de se soulever contre le pouvoir.
Dans cette optique, penses-tu que les exécutions publiques ( pendaisons, etc ), à une certaine époque, heureusement lointaine par chez nous ^^, faisaient également office plus ou moins de divertissement/défouloir pour le peuple? Même s'il n'y a rien d'artistique là-dedans, quoique certains bourreaux particulièrement passionnés auraient pu voir dans leur oeuvre un incontestable savoir-faire artisanal et technique.


Portrait de Gastlab

Faut bien reconnaitre qu'il y a chez l'être humain une fascination morbide (naturelle?) lorsqu'il est confronté à une scène sanglante impliquant ses congénères. Il suffit d'observer les ralentissements qu'occasionnent un accident de la route qui ne gène pourtant pas le trafic.

Je pense, oui, que d'une certaine manière être témoin de la mort ou de la souffrance d'autrui peut avoir sur nous l'effet d'étancher notre soif de sang (plus ou moins enfouie).
Ceci dit, on pourrait sans doute argumenter dans le sens contraire : l'exposition à la violence engendre la violence.
Difficile d'avoir un avis tranché sur le sujet.

Pour répondre à ta question, oui on peut tout à fait comparer les jeux du cirque aux exécutions publiques (ce qu'ils étaient d'ailleurs pour partie puisqu'on punissait de mort les chrétiens en les livrant aux fauves). Donc les considérer comme un divertissement apporté au peuple ne parait pas excessif.

Un peuple diverti est un peuple moins enclin à mordre la main du maître. La violence est encore mise en spectacle chez nous, mais par des biais détournés (ce qui est quand même mieux). Qu'attend-on d'un match de boxe? Le K.O. Qu'attend-on d'une course de F1? L'accrochage. Et qu'attend-on du funambule? La chute. Bon j'exagère un tantinet mais y a de ça.

Ah et il y a aussi la notion de dissuasion (dont l'effet réel est discutable). Quand un pouvoir donne ses exécutions en spectacle, c'est aussi pour dire : "Citoyen, si tu quittes ta trajectoire, voilà ce qui t'attend."

Paix et amour les p'tits agneaux.



Portrait de Squall

Pas mal pas mal, je ne suis pas d'accord avec absolument tout, mais continuer en commentaire interposé est trop compliqué. En tout cas tu es très convainquant et intéressant. Et ta vision a pour mérite, quoique l'on en dise, d'être beaucoup plus optimiste que la mienne (en dépit du fait que je suis toujours aussi passionné de cinéma, et interessé par beaucoup d'autres choses qui naviguent entre divertissement et art, comme le jeux videos)


Portrait de Nights

Citation:
Et pour plaire, quelque part, faut parvenir à se vendre

Pour moi c'est faux. Un véritable artiste veut créer quelque chose avec ses tripes en s'en fichant de plaire. Il suffit de prendre Terrence Malick. Il fait des films pour lui en s'en foutant royalement de ce que pensent les autres et même le spectateurs.

C'est pareil pour Jonathan Blow : The Witness est le jeu qu'il voulait en voulant partager ses intérêts/ses passions/ses réflexions. Si tu aimes ce qu'il te dit tant mieux si non tant pis.

Mais là où je suis d'accord avec toi c'est que malheureusement la création reste trop assujettie au bon vouloir des producteurs qui eux veulent un retour sur investissement donc plaire au plus grand nombre, ce qui ruine absolument tout.


Portrait de Squall

Citation:
Pour moi c'est faux. Un véritable artiste veut créer quelque chose avec ses tripes en s'en fichant de plaire.

Quelque part c'est beau de garder cette certitude et franchement faut que tu la gardes. Mais je ne peux pas m'empêcher (moi) de me dire que même le plus indépendant des artistes à besoin d'argent pour faire vivre son art, et cet argent (à moins qu'il ne travail à côté et ne reste dans sa bulle avec sa création, libre de toute critique, de tout avis) il ne le gagne qu'en la partageant. A partir du moment où il y a partage, ou une communauté se crée autour d'un auteur, ce dernier lui en est redevable etant donné que c'est grace à elle que l'oeuvre suivante peut etre construire. Il a donc (au minimum) un devoir de qualité envers ceux qui soutiennent.

Tu prends en exemple Terrence Malick, pourquoi pas, je vais donc citer l'une de ses oeuvres les plus "vendeuse" : La ligne rouge. Tout le casting n'est pas pensé dans un but "artistique" mais pour attirer le public. On ne me fera pas croire qu'on a choisi Georges Clooney parce qu'on ne voyait que lui dans le rôle du mec à la fin du film, et que sa justifiait de le voir sur l'affiche et crédité comme un des acteurs principaux. Alors oui, on va me dire que c'est une histoire de production, mais la production est celle qui donne l'argent et paye cette artiste pour un travail, ce travail est de raconter une histoire qui fera vendre, vendre pourquoi, pour pouvoir faire la suivante et faire vivre ceux qui ont travaillé sur le projet (et c'est pas un mal attention) Mais, il est, et je pese mes mots, IMPOSSIBLE, que Terrence Malick est construit son film sans jamais se poser la question si oui ou non il fonctionnerait, si oui ou non les recettes permettraient de payer son équipe.

Même un artiste qui se dit ouvertement completement libre de faire n'importe quoi, comme Uwe boll, est en réalité accroché à une gimmick. S'il perd ce coté monstrueusement merdique qui lient l'intégralité de ses films (je suis désolé, je trouve pas ça subversif, c'est juste mauvais, vulgaire, cliché, et pas drole) pour nous proposer un film simplement "moyen" il perdra la seule chose qui lui permet de faire le suivant. Ainsi donc, meme ce mec est attaché à des obligations.

C'est ce que je crois. Après je trouve que ce n'est ni bien ni mal, c'est un fonctionnement, qui nous oblige certes tout de même à etre plus... à faire plus attention à ce que l'on nous montre j'ai envie de dire.

Je considere que les seule artistes totalement libérés de ce jouc, ce sont ceux dont on n'entendra jamais parlé, ou alors bien après leur mort, avec une redécouverte de leur art.


Portrait de Kalameet

Pour le coup je suis d'accord, il est clair qu'il y a une part de calcul commercial... Mais au final cela pose l'éternelle question de la liberté. Un artiste est-il véritablement libre de tout lorsqu'il s'agit de créer? Il faut bien avouer que dans le cas du cinéma, ne serais que les films demande des moyens financiers importants pour simplement être produit, cela n'est pas le cas en effet. Et d'une façon générale, la liberté n'est toujours que relative...


Portrait de Nights

Citation:
Mais je ne peux pas m'empêcher (moi) de me dire que même le plus indépendant des artistes à besoin d'argent pour faire vivre son art, et cet argent (à moins qu'il ne travail à côté et ne reste dans sa bulle avec sa création, libre de toute critique, de tout avis) il ne le gagne qu'en la partageant.

Effectivement l'argent est toujours un frein pour la plupart des créateurs. Il faut que le jeu vidéo poursuivre sa démocratisation, que le moyen de créer ne soit pas réservé à certains. La musique est arrivé à ce stade. Tu as des artistes qui font se qu'ils veulent, qui n'ont besoin de personne pour créer ou diffuser et donc ont une liberté de création encore jamais atteinte dans les autres domaines (sauf peut être les kickstarters comme Yooka-Laylee). Mais j'espère que les créateurs seront de moins en moins influencés et sous la coupe des éditeurs.

Typiquement, je pense qu'Unravel aurait été très différent sans EA qui ont forcément mis leur grain de sel. C'est d'autant plus dommage qu'on sent que les dévs sont passionnés mais ils ont pris une direction entre 2 chaises qui rend le tout bancal. Dis autrement, tu sens le concept original, qui devait être + dark je pense, et que, par petites touches de ci de là probablement d'EA, ils se sont fourvoyés au point de s'éloigner réellement de leur vision originelle.

Citation:
On ne me fera pas croire qu'on a choisi Georges Clooney parce qu'on ne voyait que lui dans le rôle du mec à la fin du film, et que sa justifiait de le voir sur l'affiche et crédité comme un des acteurs principaux.

Effectivement, il y a Georges Clooney dans le film. Combien de temps a-t-il d'image ? Allez soyons gentils 30 secondes et dans le rôle le plus insignifiant de tout le film. Je pense que c'est plutôt Clooney qui a voulu s'associer à l'oeuvre de Malick sachant pertinemment qu'il n'aurait pas de rôle important. Je pense que pour Malick ça reste un compromis acceptable.
Oui la production a voulu avoir un casting vendeur mais ce casting n'influence en rien la vision artistique de Malick donc ça aucune espèce d'incidence de mon point de vue.

C'est d'ailleurs la force de Malick qui arrive à transcender des acteurs quasiment inconnus (sauf depuis Le nouveau monde mais dans ce cas ils prennent part corps et âme au projet donc il ne se vend pas (comme Christian Bale et Brad Pitt)).

Pour moi, on en revient à la relation entre le producteur, un artiste frustré sans talent mais riche et un véritable artiste mais fauché. Il ne peut jamais y avoir de relation saine (ou alors c'est exceptionnel) car le producteur ne fait pas un don mais un investissement et l'artiste si sa vision est contrariée alors il a le sentiment de se vendre.

L'exemple parfait c'est Edgar Wright qui a claqué la porte de Ant-man car la production interférait trop.

Citation:
mais la production est celle qui donne l'argent et paye cette artiste pour un travail, ce travail est de raconter une histoire qui fera vendre, vendre pourquoi, pour pouvoir faire la suivante

Toujours Malick comme contre-exemple. Le mec a mis 1 an uniquement pour faire le montage des Moissons du Ciel (Days of Heaven), je ne crois pas qu'à ce moment-là, il ait pensé à l'argent. Il s'en fout. S'il avait eu besoin d'un an de + il aurait pris un an de +, tout simplement parce qu'il voulait atteindre la perfection (ce qu'il a réussi de mon point de vue). Même la suite de sa carrière il s'en fichait, pour preuve, il est parti quasiment 20 ans en France avant de faire son prochain film.
Je te concède par contre que Malick reste un exception mais il prouve tout de même que l'intégrité artistique est possible.

Citation:
partir du moment où il y a partage, ou une communauté se crée autour d'un auteur, ce dernier lui en est redevable etant donné que c'est grace à elle que l'oeuvre suivante peut etre construire. Il a donc (au minimum) un devoir de qualité envers ceux qui soutiennent.

Pour la communauté qui se fédère, je ne suis pas d'accord. Dans ce cas, les mecs qui réclament à corps et à cris qu'Hooper fasse de "bonnes review" et pas de lives "moisis" ont raison. Et pourtant non, Hooper ne doit rien à personne. Si on aime tant mieux, si on aime pas tant pis. Je ne dis pas que c'est à ce point binaire mais c'est comme ça qu'il le présente en tout cas et à raison. Par exemple, regarde Drive de Winding Refn. Tout le monde a adoré son personnage invincible, irrésistible et presque pour se "venger" de l'attention qu'il a eu, il pourrit et dégomme complètement le même personnage dans Only God Forgives.
Donc un créateur ne doit rien à personne.

Citation:
Même un artiste qui se dit ouvertement completement libre de faire n'importe quoi, comme Uwe boll, est en réalité accroché à une gimmick. S'il perd ce coté monstrueusement merdique qui lient l'intégralité de ses films (je suis désolé, je trouve pas ça subversif, c'est juste mauvais, vulgaire, cliché, et pas drole) pour nous proposer un film simplement "moyen" il perdra la seule chose qui lui permet de faire le suivant. Ainsi donc, meme ce mec est attaché à des obligations.

Tu viens tout simplement et très justement d'écrire la définition d'un vendu qui n'est donc pas un artiste de fait. Uwe Boll est un raté doublé d'un guignol donc ça ne compte pas ;)

Après je suis d'accord que la liberté de création, surtout pour les AAA est quasiment néant car ça coûte trop cher à produire mais le résultat est que je ne supporte plus ces jeux (AC, TR, CoD, Far Cry etc.) et je ne pense pas être le seul. Le plus frustrant c'est qu'ils suffiraient de lâcher la bride des dévs pour avoir des jeux de ouf. Exemple : je n'aime pas du tout Far Cry 3 (affligeant de banalité) et j'ai adoré Blood Dragon parce que c'est original.

Citation:
C'est ce que je crois. Après je trouve que ce n'est ni bien ni mal, c'est un fonctionnement, qui nous oblige certes tout de même à etre plus... à faire plus attention à ce que l'on nous montre j'ai envie de dire.

Le gros problème avec cette phrase c'est qu'on en revient au problème de la dictature de la masse. Qui est capable de juger qu'un jeu vaut le coût/coup ? La masse ? Non ! Les "élites" ? Encore moins (sinon tout le monde boirait les articles de Télérama et on aurait jamais eu DBZ au Club Dorothée). Moi ? Non plus (faut pas déconner :P). Donc ce filtre "l'avis des gens" ne peut et ne doit pas être appliqué car chacun est à même d'aimer les oeuvres différemment.


Portrait de Squall

Ca fait franchement plaisir d'avoir ce genre discussion :) Effectivement, je rejoins sur pas mal de chose. Mais quelques petites choses tout de même :

Citation:

Dans ce cas, les mecs qui réclament à corps et à cris qu'Hooper fasse de "bonnes review" et pas de lives "moisis" ont raison. Et pourtant non, Hooper ne doit rien à personne. Si on aime tant mieux, si on aime pas tant pis.

Et non effectivement, mais parce que le Hooper n'est pas un artiste qui vend son travail, simplement un mec qui partage sa passion. La différence est fine finalement, mais... je sais pas si je suis dans le vrai, mais je considére tout de même que c'est différent.

Après, pour le reste... Ah c'est frustrant, j'aimerais revenir sur quelques petites choses (le cas Edgar Wright, le moment ou un artiste arrive à faire suffisament vendre sur son nom qu'il peut se permettre d'abandonner un projet sans craindre pour sa carrière) (ou le cas Clooney dans la ligne rouge qui est, quoiqu'on en dise, un compromis. La largeur du compromis est a débattre, mais si on parle de compromis, on ne peut que dire que la liberté total n'existe pas mais si on continue on va enchaîner les blocs alors que finalement, on est d'accord sur beaucoup chose.

Petite chose tout de même que j'aimerais clarifier, je suis pas le genre à bacher les "méchantes productions" qui brident les "pauvres réalisateurs", la réalité est beaucoup plus complexe que ça, et quoiqu'on en dise, le cinéma est associé au succès populaire. Même dans un film d'auteur, des superbes effets visuels, des beaux traveling, des plans zénithaux sont toujours plus agréable qu'une sale caméra, des figurants peu crédible, une lumière dégeulasse. Même avec les meilleurs intentions, faut des moyens (pour les projets comme....je ne sais pas...le cinquieme élément par exemple. Impossible pour Luc Besson de nous sortir ce film en restant dans son coin avec ses équipes, après c'est pas toujours vrai hein...) Je dis juste que les producteur ont aussi leur rôle à jouer.

Et je vais faire gueuler mais... Je prefere la version Cinéma de Blade Runner. Donc celle voulue par la production... Je me considere pourtant comme cinéphile, mais voilà.... Comment objectivement gueuler sur les producteurs après ça ?

Tout le monde a son rôle à jouer. Et je pense que celui des productions ne sont pas systématiques de brider et détruire le travail de grands auteurs. Je m'y connais pas assez pour citer des exemples probant, mais je suis sûr que ca a existé.


Portrait de Nights

Citation:
je suis pas le genre à bacher les "méchantes productions" qui brident les "pauvres réalisateurs", la réalité est beaucoup plus complexe que ça

Evidemment tous les producteurs ne sont pas des "salauds" ni tous les réalisateurs des anges. Mais globalement, l'influence trop prononcée des producteurs est néfaste pour la création. Par exemple, sans Sony on n'aurait jamais eu Breaking bad ce qui est une excellente chose. Sony est d'ailleurs le producteur qui prend souvent le + de risque et ça paye.
Citation:
et quoiqu'on en dise, le cinéma est associé au succès populaire.

Pour moi ça reste un problème car cela veut dire la dictature de la masse ce qui est forcément mauvais et conduit aux errances des AAA.


Portrait de Squall

Citation:
Pour moi ça reste un problème car cela veut dire la dictature de la masse ce qui est forcément mauvais et conduit aux errances des AAA.

Mmmh... C'est pour ça que je pense que la passion pour n'importe quelle forme d'art (en particulier le cinéma en faite....mais je pense que je dis ça surtout parce que c'est celui qui me parle le plus) est à partager, à exprimer, à débattre, plutot que de se montrer pédant envers ceux qui ne connaître pas Koyaanisqatsi, ou je ne sais quoi d'autre, voire même un réalisateur méconnu, grand classique du cinéma coréen. Je trouve ça tellement crétin d'avoir autant de chose à partager, et de finalement se replier en mode "la masse est une bande d'abruti qui ne valent pas le temps que je prendrais à partager ce que j'aime". Je pense que c'est la raison pour laquelle certains commentaires que j'ai lu il y a moins d'une semaine ici m'ont autant énervé. (Je parle pas de toi évidemment)


Portrait de Nights

Comme je l'ai dit plus haut en fait, il n'y a pas de bons "filtres". Personne ne peut dire ce qui est bien ou mal.
Que ce soit moi, toi, la masse, les élites. Surtout que ça ne veut rien dire... Tout le monde peut trouver son compte dans n'importe quel oeuvre.
Par exemple, les films de Tarentino sont attrayants à plein de monde pour diverses raisons et chacun y trouve son compte.

Je suis entièrement d'accord avec toi, il faut absolument partager, discuter même promouvoir les films, les jeux qui nous ont passionnés. C'est ce qu'a essayé Blow avec The Witness, après on est + ou - réceptif mais l'effort doit être salué car il n'a fait quasiment aucune concession.

Ce qui me dérange ce sont les producteurs qui visent juste une niche en particulier et contraignent la vision du réalisateur pour des raisons financières pour plaire au plus de gens possible alors qu'en soit ils rendent le film moins bon. Si ça se trouve il aurait plu à encore + de gens sans retouche. Il suffit de regarder Dead Pool qui est énorme et pourtant grand public. Et pourquoi il est bien ? Parce que Ryan Reynolds a poussé le film de A-Z avec le moins de concessions possibles.

C'est ça moi qui me désespère, c'est de sentir le potentiel d'un jeu et de le voir pourri par des choix imposés par des gens qui n'ont que la vision marketing en tête pour amasser + d'argent.


Portrait de Gastlab

La musique et le cinéma n'appartiendraient pas au domaine culturel?!
Pas d'accord du tout. Ces 2 arts ne se résument pas à M.Pokora et les avengers.

Bon je vais un peu vite en besogne. Je comprends que tu veux dire que ce sont les deux arts les plus gangrénés par la course au profit, chevalier d'Eon, et t'as raison.

Mais il ne faut pas oublier (surtout pour la musique) qu'il y a tout un univers plus ou moins underground, des milliers de groupes qui se démènent pour jouer et produire leur musique indépendamment des rouleaux compresseurs de l'édition.

Sans parler des grands groupes genre Radiohead qui ont été parmi les premiers à s'affranchir des intermédiaires en proposant leur musique directement au public à prix libre ou très bon marché.

Ce que je veux dire c'est que c'est dans les secteurs les plus attaqués qu'on trouve aussi les meilleurs résistants.


Portrait de Anonyme 08

@Gastlab:
Comme expliqué ici, je souhaitais donner mon avis sur la subjectivité des jeux vidéo en résumant l'avis d'un conférencier (trèèès mal résumé d'ailleurs ^^' ).
Il parlait (entre autres) de la presse vidéoludique et libraire ainsi que du partage d'expérience qu'on peut avoir en lisant un livre ou en jouant à un jeu.

Dans ton commmentaire, je souhaite revenir sur cette phrase ;

Citation:
Je comprends que tu veux dire que ce sont les deux arts les plus gangrénés par la course au profit, chevalier d'Eon, et t'as raison.

Je n'ai jamais insinué quoi que ce soit concernant les arts, je ne faisais que citer un conférencier (dont j'ai oublié le nom d'ailleurs ^^' ... Je vais me renseigner). Pour moi, aucun art n'est gangrené davantage qu'un autre pour la course au profit et ce depuis des siècles (je ne suis pas historien de l'art, je ne saurais pas citer de date précise, mais ça doit faire l'affaire).

Quant à l'appellation "Chevalier EON", elle est ambiguë mais osef (comme dirait l'autre :p ).


Portrait de Gastlab

Au temps pour moi si je t'ai mal lu, Eon (je te désadoube).
Merci de m'avoir repris.